Les 40 ans de l’Aïkikaï de Lyon

Samedi 5 avril 2025, au dojo Tronchet, le club a fêté ses 40 ans d’existence, plus précisément ses 41 ans puisque les cours ont en fait débuté en janvier 1984 dans un petit gymnase municipal du 6ème arrondissement, au 55 rue Tronchet, pas loin d’ici et aujourd’hui disparu. Cet établissement ferma moins d’un an après, ce qui a bien failli signer la fin du club. Heureusement, nous avons pu louer des heures dans un dojo universitaire à la Doua, dans lequel nous avons d’ailleurs conservé l’une des deux séances.

En 1985, le club a pu revenir dans le 6ème arrondissement et s’installer à titre gracieux dans ce dojo où il œuvre encore aujourd’hui et où il a pu initier ou former à l’aïkido plus d’un millier de personnes, dont quelques-unes enseignent à leur tour, ici ou ailleurs.

Le but de cette journée était de faire se rencontrer sur le tatami des pratiquants qui ne se connaissent pas forcément étant donné la répartition des nombreux cours dans la semaine, et donc aussi de leur faire connaître l’enseignement des sept professeurs. Ceux-ci se sont relayés tout au long de cette journée pour diriger à tour de rôle des sessions d’une durée de 40 mn chacune, matin et après-midi.

Le matin, 33 pratiquants du club en plus des professeurs étaient présents. Les pratiquants de ïaïdo du club UNSUI, dont Marion, ancienne enseignante de l’Aïkikaï de Lyon, étaient invités au dernier cours de la matinée. L’après-midi a vu presque la même affluence et une vingtaine de personnes, famille, amis, dont Jacques, ancien enseignant du club, sont venus assister à la dernière partie de cette journée. Dans le public, étaient présents en tant qu’invités d’honneur Monsieur Christian TERMOZ-MAZAN, 1er adjoint au maire du 6°, délégué aux sports et aux relations internationales, ainsi que Monsieur Romain MONNIER, directeur du complexe Tronchet. Monsieur Pascal BLACHE, maire du 6°, n’a pu se joindre à nous.

Après le septième et dernier cours, cette journée se termina au dojo par une petite démonstration de Renaud AVENAS, Philippe MONTAGNIER et Gérald POLAT.

Et enfin, eut lieu la traditionnelle « soirée restaurant » réservée aux adhérents. Elle clôtura cette commémoration des 40 ans.

Extrait du discours de clôture de Gérald POLAT, fondateur du club:

Je me dois bien sûr, en cette occasion, de rendre un hommage ému aux nombreux bénévoles, qu’ils soient administrateurs ou enseignants, qui se sont succédés pendant toutes ces décennies pour faire vivre le club. Je ne vais pas en faire la liste, ce serai trop long et, de toute façon, je suis persuadé que nos adhérents sont bien conscients de ce qu’ils héritent du passé. Il faut savoir que ces anciens étaient tous des pratiquants : pas de bureaucratie, donc, mais des gens dévoués et, je le répète, tous bénévoles. Le club continue d’ailleurs à ne fonctionner qu’avec des bénévoles.

De ces temps les plus anciens, sont restés, outre moi-même, Patrick RAPPILLARD, au club depuis 1986, qui a été notre président pendant vingt ans, et Philippe que j’ai présenté tout à l’heure. J’en profite pour les remercier, tous les deux, en toute amitié, de leur persévérance et de leur fidélité.

Parlons maintenant un peu de l’avenir…

Je souhaite, pour notre club, qu’il continue, sous sa forme ou sous une autre, toujours dans ce dojo si possible, de perpétuer un enseignement conforme aux principes de l’aïkido, tels qu’ils nous ont été transmis par les divers maîtres venus du centre mondial de Tokyo. Je pense surtout à Me TAMURA, 8° Dan, l’un des prestigieux élèves du fondateur de l’aïkido, envoyé en France dans les années 60, hélas décédé il y a quinze ans.

Le respect de la tradition – et ici je me permets d’introduire deux citations : « la tradition n’est pas le culte des cendres mais la préservation du feu » (Jean Jaurès), « le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis » (Ernest Renan) – le respect de la tradition, donc, nous guide dans notre pratique. L’important est de construire et de fortifier sans cesse des liens humains harmonieux au sein du club et en dehors.

Puisque je parle de respect, je voudrais faire une parenthèse à propos de cet aspect extrêmement important de l’aïkido :

A chaque entraînement, nous respectons la mémoire du fondateur et des anciens qui ont transmis de cette discipline, nous respectons l’étiquette, la manière de nous conduire dans le dojo et avec les autres pratiquants, nous respectons nos partenaires, et bien entendu nos élèves quand nous enseignons. On pourrait dire que l’aïkido constitue en lui-même une école du respect. Il nous apprend le respect de l’autre, en général.

C’est pourquoi, lorsque l’année dernière nous avons été sommés par la Ville de Lyon de suivre des formations à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, sous peine de voir nos créneaux horaires supprimés, nous avons eu le sentiment très net d’être infantilisés par le fait de recevoir des leçons de respect de la part d’associations pas plus légitimes que nous en la matière. La Ville de Lyon aurait pu montrer à cette occasion plus de tact et de respect envers les clubs sportifs…

Pour revenir au futur, en ce qui me concerne, je souhaite bien sûr pouvoir accompagner le club encore quelque temps, et transmettre le plus fidèlement possible ce que je crois être l’un des plus beaux arts martiaux qu’il m’a été permis de connaître.